Vie locale

Sécurité Publique / Mabatgoup Nana initie une levée de fonds pour la construction du poste de gendarmerie de Bangoulap

Dans le sillage de la cérémonie de la présentation des vœux de Nouvel an 2020 au Roi des Bangoulaps, Mabatgoup Nana qu’on ne présente plus à Bangoulap a reçu le micro au moment opportun pour inviter les siens à une collecte de fonds pour la construction de la gendarmerie de Bangoulap. Plus de 15 millions Fcfa en espèces et en promesses ce même jour.

« On on on attend, on on attend, on attend, on attend, on attend l’enfant, l’enfant ne vient pas iyééé » Beaucoup d’entre les bangoulap ont certainement écouté cette chanson d’un artiste camerounais qui exprimait l’impatience d’un couple qui attend depuis son premier né. Paraphraser cet artiste à Bangoulap dans un contexte d’insécurité galopante n’est que pure vérité. Il est facile de signer les décisions, mais l’application est une autre paire de manche, au bas mot, un chemin de croix. Ce que vit Bangoulap avec cette histoire de Gendarmerie est à inscrire dans les livres de record. Depuis 2014, qu’un décret signé annonce la construction d’un poste de gendarmerie à Bangoulap, le peuple a perdu tout espoir de voir sortir de terre ce bâtiment qui abritera les pandores pour la sécurité des biens et des personnes.

Pendant ce temps, il faut faire avec les nombreuses agressions, crimes viols et vols au quotidien. Les malfrats opèrent en toute impunité à Bangoulap au nez et la barbe de tous. Les éleveurs ne savent plus à quel saint se confier, tellement ils en ont marre car abandonnés à leur propre sort. D’où viendra le salut de Bangoulap en matière de sécurité ? Cette question est pendante sur toutes les lèvres. Ce n’est ni le Commandant de Compagnie de Bangangté, ni le Commandant de la brigade de Bangangté rattaché à Bangoulap qui apporteront une réponse appropriée à cette question qui fâche et dérange. Ebelle Ernest Samuel Christian et Oumarou Haman Wabi les deux derniers Préfets du département du Ndé n’ont pu faire quelque chose pour Bangoulap. Que peut la gendarmerie de Bangangté pour veiller sur la sécurité des personnes à Bangoulap ? Le gendarme en poste à Bangangté peut-il voler au secours d’un bangoulap en danger à Lafeng ? Njamga, Bandzuidzong ou encore à kopnda ? Combien d’éléments assurent la permanence 24h/24 ? Il y a tellement de questions à se poser au point où certains ont laconiquement chuter sur cette phrase qui a pignon sur nos rues au Cameroun « on va faire comment ? »

En 2018, alors qu’il était l’invité spécial d’une émission sur la chaîne de télévision privée Equinoxe TV, SM Yonkeu Jean, Roi des Bangoulap annonçait en mondovision que depuis 2014, son groupement attend toujours la construction d’un poste de gendarmerie, et pourtant la décision qui autorise la création est signée depuis la même année et qu’il avait déjà mis à disposition le terrain devant abriter ce poste. Dans la même occasion, il invitait ses filles et ses fils à s’unir pour construire ledit poste qui fera un bien fou à la population locale. Jusqu’à ce jour, son rappel et son appel n’ont eu aucune suite. Et il faut bien se poser la question de savoir si cette préoccupation du peuple est encore d’actualité au sein des instances décisionnaires de la Gendarmerie Nationale. Le nombre croissant des agressions, des vols et des accidents de circulation ont poussé une partie du peuple parmi les jeunes à penser à la création d’un comité de vigilance.

Pour la gouverne du peuple Bangoulap, il faut rappeler que d’autres personnes ont caressé ce rêve et sont allées jusqu’à créer un groupe whatsapp nommé « Gendarmerie Bangoulap » au sein duquel la convergence des idées, des opinions et les stratégies étaient partagées pour porter cette situation à la très haute attention des décideurs de ce pays. Feu Mbeu Kuibou Tchamba, Mbeu Kamwa Kuika et Djambeu Nfanga Alexandre dit « Atelawa » en qualité de guides et d’encadreurs ont constitué ce groupe avec Guy Tchiesso, Nsob Nzouatcham Hilaire, Joseph Mbabou et Christian Wanda. Les deux derniers sont allés à la rencontre du Commandant de compagnie de Bangangté pour lui faire part de la situation que traversent les populations de Bangoulap et aussi de lui faire connaître les préoccupations de l’heure. Après plusieurs recherches, le groupe a reçu des informations faisant état de que la construction de ce poste était imminente. Et, il devrait être construit sur le modèle de l’actuel brigade de Bangangté. Ce qui est incompréhensible, c’est ce poste de gendarmerie de Bangangté qu’on parvient à construire avant celui de Bangoulap donc l’attente dure et fait douter. Le Commandant de Compagnie de Bangangté avait proposé la mise sur pied d’un comité de vigilance constitué de personnes sûres, de moralités irréprochables. A un moment, les échanges dans ledit groupe portaient sur la mise à disposition d’un local qui fera office du poste de gendarmerie en attendant le jour où la fumée blanche sortira de Bangoulap. Comme à Bamena, Bantoum, Bangoua, les postes de gendarmerie sont logés dans les maisons d’habitation. Pour le cas de Bangoulap, cette même proposition se heurtait à la volonté des élites ou des âmes de bonne volonté de mettre à la disposition de Bangoulap leur domicile inoccupé pour recevoir les gendarmes qui seront affectés. Sur le groupe whatsapp du Comité de Développement de Bangoulap, les Bangoulap avaient débattu, mais aucune solution n’est venue mettre un terme aux discussions entamées. Le silence des uns et des autres aujourd’hui est la preuve que le système est en faillite. Chacun se remet à Nsi Ntagni pour sa sécurité à Bangoulap.

Il a fallu cette cérémonie de présentation des vœux au Roi des Bangoulap pour que Son Altesse Mabatgoup Nana renoue avec la question et pose sur la place publique la question de la réalisation de ce projet qui tarde à se concrétiser. Un appel de fonds à l’improviste qui permet de collecter de près de 15.000.000 fcfa en espèces et don, y compris les promesses pour la construction du poste de gendarmerie que le peuple attend depuis six ans aujourd’hui. Dans cette campagne de levée de fonds où on a vu tour à tour des élites prendre le micro pour annoncer leur contribution, l’initiatrice a parlé de six mois pour sortir de terre ce local. Ce délai, qu’il soit court ou long, marque déjà une avancée importante sur le chemin de la concrétisation. Ce n’est non plus SM Tchoua Kemajou Vincent, Roi des Bazou qui nous démentira, lui qui a donné sur place sa contribution. Des parpaings, des sacs de ciment, des sommes d’argent ont constitué l’objet des promesses.

Le Préfet du Ndé, Franklin François Etapa a pris la parole pour attirer l’attention de celles et ceux qui font des promesses. « Que ces promesses ne soient pas fantaisistes » a-t-il averti. La promesse telle quelle restera pour toujours une dette à solder, c’est une loi de la nature. Selon l’ancien Secrétaire Général de la Région de l’Ouest, il faut passer à l’acte pour que dans les six prochains mois, qu’il soit là pour poser la première pierre de la construction de cette brigade, puis visiter ce poste de gendarmerie de Bangoulap quelques mois plus tard. Pour servir de leçon et de bon exemple, il s’est lui aussi mué en donateur, en promettant un montant de 100.000 Fcfa qu’il a pris la peine d’annoncer que dès le lendemain avant 15h, le Chef Supérieur Bangoulap sera en possession de ce montant promis.

Si l’initiative mérite d’être encouragée, il n’en demeure pas moins que certaines questions à caractères institutionnelles s’imposent à l’esprit de quelques personnes bien averties maîtrisant les usages en la matière. A travers Mabatgoup Nana Djomou Yvette, le peuple Bangoulap est désormais sur le point d’adouber le Ministère de la défense à travers son secrétaire d’État à la Gendarmerie Nationale sur ce projet. Les Bangoulap veulent écrire leur propre histoire loin des promesses à long terme. Sur quel plan sera construit ce poste ? Quand on sait que les brigades sont construites sur le même modèle et seul le secrétariat d’État à la gendarmerie arrête le plan de construction. Comment va-t-on se conduire ou procéder à Bangoulap quand on sait que la construction de tel bâtiment obéit à certaines normes standard de sécurité et sont conviée très souvent à des entreprises ou entrepreneurs partenaires avec le Ministère de la défense. Et, que dire de l’affectation des gendarmes qui risque d’être un autre chemin de croix qui ne dévoile pas encore son nom ?

Avec cet appel des fonds, suivi de la promesse de l’obtenir dans six mois, le débat sur la construction du poste de gendarmerie de Bangoulap joue ses prolongations. Vivement la sortie de terre de ce bâtiment.

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