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SM Yonkeu : « C’est d’abord les Bangoulap qui doivent se soucier de leur village »

Sa Majesté YONKEU JEAN vient d’achever une tournée de prise de contact  en Europe où il est allé remettre les pendules à l’heure entre les fils et filles Bangoulap qui ne s’entendaient pas. Au cours de ce voyage, le FO’O n’est pas rentré les mains vides. Il a été approché par votre reporter lisez plus tôt.

Ouest Echo: sa Majesté YONKEU JEAN MARIE, vous rentrez fraichement d’une tournée en Belgique que peut-on retenir ?

SM Yonkeu : merci ; le voyage en lui-même s’est bien déroulé, à l’aller comme au retour. Le séjour du Chef était très plaisant et agréable. Mais les activités que j’avais à mener en Europe n’ont pas du tout été faciles. Il a fallu traverser les étapes plus compliquées pour arriver aux résultats.

Ouest Echo : Sa Majesté lorsque vous parlez des étapes compliquées, il s’agit de quoi exactement ?

S.M Yonkeu : Déjà le souci de sa Majesté c’est toujours de réunir tous ses enfants, en allégeant les situations de tentions. Du côté de la Belgique, j’ai rencontré une communauté qui n’était du tout en harmonie parce qu’elle regroupe trois associations, d’où la création du cercle des élites Bangoulap. Après, il y a eu une autre scission qui est allée créer l’association des Bangoulap Européen. Quand j’arrivais, il n’y avait pas un terrain d’entente et ils se tiraillaient et d’une manière comme dans l’autre. J’ai donc réuni autour d’une table les uns et les autres afin d’apporter toute la lumière. Il fallait remédier à la situation de crise en tenant une séance de travail avec tous les différents groupes en juillet dans la soirée de manière interrompue toute la nuit de vingt heures à l’aube. Je sors de là, la tête haute, parce qu’à l’issue de cette séance de travail, j’ai vu les enfants commencer à échanger entre eux et après nous avons pris des résolutions qui seront mises en application pour que la paix et la sérénité reviennent.

Ouest Echo : Sa Majesté l’occasion faisant le larron, comment se portent vos enfants dans d’autres communautés ?

S.M Yonkeu : Je reviendrais sur la tournée que j’ai faite en Belgique et en France où, j’ai mis un chef de communauté. Malgré le temps que cela a mis, il fallait vraiment prendre du recul pour observer les personnes indiquées. En fait, il a fallu dans l’approche que j’ai adopté, d’avoir un chef de communauté et les adjoints qui sont des chefs de famille. Pour le moment, j’ai nommé un chef de communauté Dr Clément WANDJI qui réside à Lille et Tagni TCHATAT Théophile, résidant à Paris, il a fallu que j’échange avec mes enfants. Pour cela, une rencontre a été initiée par les fils et filles Bangoulap de bonnes volontés. Autour de cette table, nous avons pu réunir près de 400 personnes. Au cours de cette cérémonie, j’ai pris la décision d’annoncer à l’endroit des Bangoulap, ceux qui étaient mes représentants. C’était également, l’occasion pour moi de présenter la charte qui apparait comme la constitution du village. C’était encore, l’occasion de leur remettre les cartes du comité de développement. Je ne dirais pas que le climat était aussi assez stable, car il y a certaines personnes d’associations qui ont boudé cette rencontre sous prétexte que cela n’avait pas été initié par eux. Je ne les pardonnerai pas. Ils s’en sortiront avec des sanctions qui reflètent la hauteur de l’acte qu’ils ont posé.
Ouest Echo : Sa Majesté, au terme de cette tournée, qu’est-ce que le peuple Bangoulap gagne après votre retour au palais royal ?

SM Yonkeu : Je pense déjà que pour bénéficier, il faut porter ce message de rassemblement qui donne l’espoir à toutes ces communautés et au village Bangoulap. J’ai dit en Belgique, au cours de nos échanges, que nous avons eu une soirée qui nous a permis d’obtenir une campagne de Santé dont Bangoulap bénéficiera dans les jours à venir. Cette campagne est d’ailleurs intitulée, la campagne du cœur. C’est une initiative d’une de nos filles, qui a été largement soutenue par les médecins avec qui elle travaille, par ailleurs fils de Fokoué. Cette campagne s’étendra sur d’autres spécialités. Donc, voilà déjà ce que le Roi est rentré avec. Il faut rappeler que lors de cette tournée, nous avons rencontrés des personnalités notamment les responsables de la coopération Française, le ministère de la coopération Allemande, et d’autres ONG conduites par l’une de nos filles à savoir Espérance  FEUZEU. Je lui manifeste ma gratitude pour le travail qu’elle a abattu. Je  pense qu’à la suite de ce voyage et de cette visite, nous aurons des liens étroits entre ces personnes et nous. Nous avons eu un partenariat avec une université qui au moment venu fera venir les étudiants pour se former. Ils monteront les projets afin qu’ils soient bénéfiques pour les populations. La liste n’est pas exhaustive.

Ouest Echo : Sa Majesté revenant maintenant sur le plan local, où en sommes-nous avec le projet de construction de la cité de la musique et de la danse ?

S.M Yonkeu : Je pense que le projet est en cours, même si déjà la pose de la première pierre n’est pas encore lancée. Le projet de la musique et de la danse, a beaucoup avancé et nous avons reçu des étudiants à plusieurs reprises par le biais de la route des chefferies, qui travaillent sur ce projet. Nous avons déjà organisé les levées de fonds, soutenues par le ministre de l’habitat et du développement urbain. A la sortie de cette rencontre, le ministre MBWENTCHOU, nous a fait la promesse d’ouvrir  les voies d’accès sur le site d’ici fin Octobre 2018. En Europe, nous avons suffisamment parlé de ce projet afin d’e sensibiliser nos fils et filles de la diaspora, mais nous n’avons pas oublié nos amis et sympathisants, parce que nous parlons de la cité internationale des arts musicaux. Je précise également que le Cameroun vient d’être élu au comité gouvernemental de la sauvegarde du patrimoine immatériel pour une période de quatre ans. C’est par conséquent une grande chance pour nous, que notre projet soit connu par le ministère des arts et de la culture.

Ouest Echo : Sa Majesté quel  est le message que vous adressé à vos fils et filles ?

SM Yonkeu : bon ! Le père que je suis, n’a pour seul  souci  que de ramener l’amour, la paix et d’entretenir constamment ses enfants. Ma mission est de leur dire que, c’est eux qui doivent développer leur village. Parce que ce ne sont pas les autres qui viendront d’ailleurs le faire pour eux. Même si, on peut bénéficier de l’appui des autres, c’est d’abord les Bangoulap qui doivent se soucier de leur village. Lorsqu’on entre au palais Bangoulap, il y a encore  toute sa modestie. Il y a des femmes et des enfants forts qui peuvent en quelques temps changer la physionomie de cette chefferie qui fera le bonheur d’être  une chefferie bien bâtie. Mgr NGONGMO disait, on ne peut pas vivre et espérer aller au ciel comme si la terre n’existait  pas. Il faut d’abord vivre paisiblement sur terre. Le Roi  des Bangoulap a besoin d’une Chefferie bien Bâtie. Vous savez, je sors de l’Europe et je voulais bien y rester. En effet, quand on revient dans la chefferie, par moment, on voit des choses qui ne marchent pas, et cela nous met mal à lèse. Les portes de la chefferie  sont ouvertes à tous mes enfants et le téléphone de sa Majesté reste ouvert et disponible.

Interview réalisée par René MBONDJEU à la Chefferie Bangoulap

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