Histoire Géographie de Bangoulap

OBSEQUE DE SA MAJESTE KUIKA TCHAMBA JOSEPH

Décédé depuis le 05 Janvier 2004, c’est le Samedi 20 Mars 2004 qu’ont eu lieu à Bangoulap les obsèques officielles ainsi que l’arrestation de son successeur.

 

Nelson Mandela comme l’appelait métaphoriquement certains, quitte ce monde après 73 ans de règne, caractérisé par des épisodes de rebondissement.

Né vers 1914 de TCHAMBA NGANTCHA et de YOPA à LONMEN (Njamnga) à Bangoualp, arrondissement de Bangangté, Sa Majesté KUIKA TCHAMBA succède à son père en 1931 et devint à 17 ans le 23e chef de la dynastie Nzouami (Mfen Nzwa). En 1934, deux et demi seulement après son accession au trône, un acte de l’administration l’obligea à s’exiler à Bamougoum dans la Mifi, pendant 17 ans, c’est dans ce village qu’après la régence de son frère, le prince FONDJA Lazare, son peuple vint le chercher pour le réinstaller au trône le 09 Juillet 1950. Après 15 ans de règne de 1950 à 1964, il fut condamné par les pouvoirs publics à 20 ans de travaux forcés et à 15 ans d’interdiction de séjour à Bangoulap, à la suite des troubles que connu la province de l’Ouest, et le Cameroun entier au lendemain de l’indépendance nationale. Toutefois, son comportement exemplaire en détention lui valut en 1968 plusieurs remises de peine d’interdiction de séjour. Il bénéficia également en 1987 d’une réhabilitation judiciaire de la cour d’Appel de Bafoussam, qui le rétablit dans ses droits civiques. En 1990, Sa Majesté KUIKA fut réinstallé dans ses fonctions de chef de deuxième degré de Bangoulap, après avoir bénéficié d’une réhabilitation du Chef de l’Etat en 1989. Avant sa mort, il était doyen des chefs supérieurs de la province de l’Ouest. Il était également chevalier de l’ordre de la valeur, médaillé  du 1er Festival des Arts et de la Culture du peuple Bamiléké à Bafoussam, médaillé au prix de la fédération nationale des danses traditionnelles à Bafoussam.

En 2001, il a gagné la coupe de danses traditionnelles au Festival des Arts et de la Culture Medùmba à Bangangté. Il a aussi reçu un bâton de commandement de l’UNESCO.

Situé à 3 Km de Bangangté et peuplé d’environ 15 000 habitants, le village Bangoulap doit son nom au chef NZOUAMI, frère jumeau du chef supérieur Bamena. Le fondateur Bangoulap était originaire du village Baloumgou, situé à proximité de la sous-préfecture actuelle de Bangou dans le département des hauts plateaux. A son arrivée, le regroupement qui ne comptait alors que cinq familles n’avait pas de dénomination. Face à cette situation, notre jumeau mis sa ruse à contribution et devint leur chef. Très content de cette victoire, ZOUAMI s’écria : « Bag ghom la’ », c’est-à-dire « nous avons maîtrisé le village.» C’est de là qu’est ici le nom de Bangoulap.

Le 20 Mars restera donc un jour inoubliable pour les fils et filles de Bangoulap qui se sont retrouvé à l’esplanade de leur chefferie pour rendre un dernier hommage à celui là qui aura marqué le village Bangoulap. Les personnalités diverses constituées de Ministre, gouverneur, préfet, sous préfet, maire, Elites intérieures et extérieures des autres villages ont tenu à accompagner les Bangoulap à ces cérémonies d’ultime adieux à leur souverain. La cérémonie a été placée sous la protection divine avec la présence de plusieurs pasteurs et prêtres qui se sont appuyés sur le texte biblique de Rois 3 versets 1 à 15 pour donner des conseils dans la manière de gérer la chefferie à celui qui à la fin des cérémonies sera arrêté comme successeur du défunt roi. Interviendront à cet effet le chef Baloumgou, le chef Bahouock, le chef bandja, une élite, un fils du défunt et le Préfet du département du Ndé. Puis vint le tour du conseil qui vise l’arrestation du nouveau Chef. C’est ainsi que YONKEU Jean Marie, technicien d’agriculture de son état a été désigné pour conduire les destinées de ce village à un moment où comme l’a dit le pasteur la tradition est bafoué, l’argent prime sur la raison, les titres honorifiques se donnent selon le pouvoir financier et les objets d’arts traditionnels de nos chefferies sont vendus à l’étranger. A lui de jouer franc jeu pour maintenir unis les fils Bangoulap et redonner à leur chefferie ses valeurs d’antan.     

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