Discours

SM Yonkeu : « Je comprends qu’une partie de mes enfants ne soit pas contente »

Samedi 20 juillet 2019, Duisans-Arras, France. A l’occasion de la réception organisée en son honneur par sa communauté installée dans ce pays, le Roi des Bangoulap a tenu un discours franc dans lequel il prend ses responsabilités et s’engage à les assumer, d’autre part, il ne me manque pas pour la gouverne de tous de rappeller les relations entre la chefferie traditionnelle et l’Etat. Combattu par ses propres fils, en bon père de famille, il fait preuve de tolérance et reconnaît que malgré les différentes appréciations, eux ils restent ses « enfants ». Enfin il annonce un grand débat sur la problématique.

Filles et Fils Bangoulap,
Chers invités,
Sa Majesté, Cher Collègue

1)

Je voudrais profiter de l’occasion qui nous réunit aujourd’hui pour m’exprimer sur la situation actuelle des Chefs traditionnels dans le cadre de notre pays.

Ce n’est pas une situation normale pour notre pays, ni pour nos traditions.

Je comprends la frustration des uns, la colère des autres.

Je comprends qu’une partie de mes enfants ne soit pas contente.

Je suis vraiment désolé d’apprendre que certains de mes enfants sont totalement déboussolés et s’interrogent sur le rôle des Chefs traditionnels dans le cadre institutionnel de notre pays,

Je suis triste de ce que nous vivons actuellement, notamment des menaces qui pèsent sur notre contrat social et traditionnel.
Le constat est alarmant et le fait de donner tort ou de donner raison n’y change rien.

Je voudrai, en première instance, que nous prenions la mesure de la réalité des conséquences plutôt que des faits.

Je pense que la perception que chacun d’entre nous a sur cette question l’emporte sur la réalité des faits.

2)

C’est pour cette raison qu’il me paraît important de remettre les choses dans le contexte, et ce, de façon objective, et sans rien relativiser.

En effet, le contexte des chefferies en général, et de la chefferie Bangoulap en particulier, est le suivant :

– les Chefs traditionnels ont toujours respecté la hiérarchie des pouvoirs entre les chefferies et l’état. C’est un ordre constitutionnel.

– Les Chefs traditionnels ont un statut d’auxiliaire de l’administration. Autrement dit, les Chefs traditionnels n’ont jamais eu pour vocation de faire de la politique.

Par contre, ils sont tenus de respecter, dans l’intérêt de leurs différents peuples, le cadre des relations entre l’Administration et les groupements traditionnels.

En clair, et je me permets d’insister, les Chefs traditionnels ne sont investis d’aucune mission politique.
Leur statut ne leur permet aucunement d’influencer, ni l’organisation, ni le déroulement, ni les résultats des élections. Et cela ne date pas d’aujourd’hui, mais de plusieurs décennies.

– Force est de constater que ces dernières années, une présentation différente est faite, et encore plus aujourd’hui, au moment où notre pays est confronté à une situation difficile.

3)

Pour ma part, je suis prêt à assumer toute ma responsabilité, en tant que Chef traditionnel, Chef de Bangoulap.

4)

Pour cela, je me propose de :

1- Réunir le peuple Bangoulap tout entier, dans le cadre d’une Conférence Traditionnelle, pour échanger sur les relations entre notre pays, le Cameroun, et notre village Bangoulap, dans le cadre de nos institutions et de notre Constitution.

2- Inviter, après la Conférence Traditionnelle Bangoulap et en m’appuyant sur le Recueil des doléances du peuple Bangoulap tout entier, mes homologues Chefs traditionnels, à un grand Débat sur le sujet.

3- Du Grand Débat des Chefs traditionnels, je ne doute pas qu’il en sortira une Résolution Traditionnelle Globale à présenter au peuple Camerounais, via l’état.

Je vous remercie de votre attention.

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