Cultures et traditions

Multiculturalisme et vivre-ensemble : Bangoulap s’affirme et se démarque

C’est une réalité, le mariage culturel entre les peuples Bangoulap et Sawa a dépassé le cadre d’une simple relation amicale. Culturellement, le constat peut être fait depuis l’arrivée de SM Yonkeu au trône de la chefferie Supérieure de Bangoulap. Cela s’est confirmé ce Dimanche 09 Septembre au cours de la cérémonie de l’excellence scolaire dans le Wouri-Nkam à Douala.

Depuis deux ans, une crise sociale née sur les cendres du tribalisme secoue l’Eglise Evangélique du Cameroun dans sa forme et sa composition actuelles. A l’origine, diverses interprétations et incompréhensions des textes organiques de cette congrégation religieuse. Cette crise qui couve jusqu’à ce jour a mis en lumière les Bamilekés et les Sawa, pourtant tous fils et filles de la cité de Dieu. Chacun y est allé de sa manière pour comprendre et analyser l’impact social de cette crise au sein de l’Eglise, lieu par excellence où l’amour et la paix sont prêchés, l’amour du prochain étant au-dessus de toute considération. Les ethno fascistes et ethno-tribalistes tapis dans l’ombre au sein de l’Eglise ont cruellement oublié que si Dieu n’était pas au-dessus de toutes ces considérations ethniques, nul ne pourrait traverser le fleuve Wouri pour se rendre à l’Ouest et précisément à Bangoulap.

Que dire alors de l’équilibre régional brandit lors des concours et autres ? Ce terme présent dans nos lois, si cher pour certains, si fort qui divise encore un peu plus et compromet le vivre-ensemble entre les peuples vivants sur le même territoire. La crise au sein de l’Eglise est une fine partie d’une molécule qui au lieu d’être tuée se développe chaque jour au Cameroun. Malgré tout ceci, certaines personnes en vertu de leur rang social proposent des solutions pour contourner et anéantir ce serpent de mer dont les tentacules touchent jusqu’à un niveau inimaginable, insoupçonnable.

Avec un peu de volonté surtout politique, on peut y arriver à éradiquer le tribalisme dans la société camerounaise. L’exemple entre les Bangoulap et les Sawa est un modèle de développement culturel qui devra servir de cadre de réflexion aux décideurs de ce pays. Si le sport engendre la passion, rassemble les peuples et procure en même temps joie et bonheur, que dira-t-on de la culture ou de la danse ? Que vaut l’homme si ce dernier est culturellement égaré ? Le pluralisme culturel peut-il nous sortir de ce sentier ?

C’est dans le Département du Wouri, Région du Littoral que SM Yonkeu, Roi des Bangoulap avait effectué sa première tournée officielle. Il avait été reçu par les autorités administratives, politiques et traditionnelles de la capitale économique du Cameroun. Les Chefs Sawa sortis en nombre lui avaient réservé un accueil digne d’un monarque d’un groupement comme celui de Bangoulap. Faut-il rappeler que c’est dans cette ville en 2011 qu’il reçut la clé de la ville remise à lui par Feue Honorable Françoise Fonning, Maire de Douala 5ème au moment des faits ? N’est-il pas jusqu’à ce jour un citoyen d’honneur de la ville de Douala ? Jusqu’ici, sa tournée à Douala reste de loin la meilleure par rapport à celle dans d’autres villes. Après Douala, il mit cap sur la ville d’Edéa, toujours dans le littoral. A Douala comme à Edéa, l’accueil fut le même, des groupes de danses patrimoniales localement installés ont été invités pour animer la cérémonie. A Bangoulap, au cours des cérémonies marquant la fête de la jeunesse, les jeunes ne manquent pas de former un groupe pour présenter l’une des danses Sawa sous fond de chorégraphie avec en prime la priorité à l’ambassi bey. Preuve que la fibre culturelle, la coopération culturelle est acceptée par nos jeunes du primaire, du secondaire et même du supérieur. Lors de l’installation de SM Frederick James Ekwalla Essaka Chef supérieur du Canton Deido dans le premier arrondissement de Douala, le monarque des Bangoulap accompagné d’une forte délégation s’était déplacé pour la circonstance pour féliciter, soutenir le nouveau Roi dans ses fonctions, puis renforcer ensuite les liens d’amitié entre nos peuples. Les artistes Sawa tels que Longue Longue, Etienne Mbappe ont pris rendez-vous avec Bangoulap Tour en 2016 où ils se sont produits en spectacle. Le Roi Bell du canton Bell était l’attraction de cette édition de Bangoulap Tour. Pendant la fête de l’excellence scolaire Bangoulap dans le Wouri Nkam, c’est le groupe Ambass-bey de Douala Ngodi qui a mis le feu sur le lieu de la fête, invité par le comité d’organisation. Le kessou chez les Bangoulap et l’ambass-bey chez les doualas, seules ces deux danses ont été présentées aux nombreuses personnes présentes malgré qu’elles n’aient pas un point de complémentarité. Le plus important c’est le sacre de l’unité et la cohésion sociale qui se développent en administrant une correctionnelle à l’inculturation.

La diversité linguistique et culturelle du Cameroun apparaît plus que jamais comme une opportunité pour son développement. A Bangoulap, le Roi Yonkeu et son peuple ont fait du multiculturalisme leur atout maître sans sacrifier l’identité culturelle propre aux Bangoulap. Bangoulap étant une terre des artistes, il est plus souhaitable que la Cité de La Musique et de la Danse (CIMUDA) sorte urgemment de terre à Bangoulap comme annoncée ces dernières années.

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