Cultures et traditions

Culture et Traditions : Plaidoyer pour le retour aux sources

Longtemps resté dans la léthargie, le peuple Bangoulap venait une seconde fois d’apparaitre sur l’échiquier historique, car privé de son chef depuis un quart de siècle, ce village vivait sous le coup de l’aliénation culturelle.

Mais voici que vint le temps de gaieté en ce jour du 27 janvier 1990, date de la réinstallation du chef  KUIKA TCHAMBA JOSEPH à la tête du village. De cette nouvelle naissance il s’en suit que beaucoup de choses sont à révolutionner ; les filles et fils Bangoulap doivent donner une nouvelle orientation à la destinée du village. C’est ainsi que le retour aux sources s’impose comme première tâche des Bangoulap.

Si notre village à un moment donné a connu une évanescente tant sur le plan politique qu’économique mais aussi culturel, c’est parce qu’il a vécu sans dirigeant et dans cet étant l’on n’a pour ainsi dire qu’une simple nostalgie de nos valeurs.
Aussi, la réinstallation du chef jusqu’à nos jours, le constat reste sans grand changement avec la période d’antan, les Bangoulap n’ont pas toujours montré leur côté positif en ce qui concerne le relancement culturel du village.

Pourtant l’histoire réelle nous révèle que ce fut jadis un grand foyer culturel, il est donc d’une portée indéniable pour tout Bangoulap de se reconvertir, de se réimprégner de ses propres réalités afin d’apporter un plus pour le village car en travaillant pour Bangoulap, on travaille également pour soi-même, n’oublions pas le phénomène d’interaction.

Autres les meilleurs tubercules et régimes de banane provenaient de ce village parce que les hommes forts et vigoureux se chargeaient de la perpétuité. Mais aujourd’hui on a l’impression que le sol est aride et ne peut plus rien produire. Le problème ne se situe pas au niveau de l’aridité. Les fils et filles Bangoulap abandonnent de plus en plus le village au profit des villes ou ils exercent des métiers peu rémunérateurs et parfois avilissants ; de nombreuses plantes aux vertus curatives sont en voie de disparition à cause de de non continuité de la médecine traditionnelle ; les vieillards qui n’ont plus de force s’indigne devant cette situation et rejettent la responsabilité sur les    sur les jeunes et les ainés.

Bangoulap à l’heure actuelle a besoin de la main d’œuvre pour se relancer ; nous devons dans cette même lancée pense à nos propres valeurs afin de nous  affirmer comme prototype Bangoulapp. L’heure a sonné où nous devons nous réveiller de notre sommeil et nous débarrasser des préjugés  que nous nous sommes nourris de notre culture, ce patrimoine culturel sera d’un grand apport pour le village. C’est ce substrat culturel qui forme le squelette de notre être et comme le disait HERIOT, ‘’la culture est ce qui reste quand on a tout oublié ».

De même, ce n’est que dans le domaine culturel que peut se former la personnalité de sa manière propre de former l’individu ; nous devons chaque moment où l’occasion se présente visiter le village pour contempler le ruisseau, piétiner  la terre où reposent nos ancêtres, danser le KESSOU qui est la danse noble originellement Bangoulap.

Une petite minorité n’accorde pas une grande importance à nos valeurs culturelles, ceci en prenant pour prétexte qu’elle est civilisée et qualifie les autres de ‘’Villageoise’’. Certains sont incapables de nous dire ce que sont le KKESSOU, le LALI ou le MANGAMBEU. D’autres de sur quoi ne connaissent pas la route qui mène à son village d’origine.

Devant cette situation forte alarmante, il n’est pas question pour nous de laisser les nôtres se perdre comme un  troupeau sans berger ; grâce à cet article, les Bangoulap sauront tirer leur épingle du jeu avant qu’il ne fasse tard. A tous ceux ‘entre eux  emporté par la morale et des préjugés étrangers, il suffira de leur inoculer une cure de désintoxication pour les guérir contre ce vilain mal qu’est l’acculturation.
De ce fait, nous devons louer les efforts entrepris par la B.S.A pour vulgariser la culture Bangoulap et prôner également un retour aux sources à travers   le congrès biennal qu’elle organise.

Le retour aux sources signifie que nous allons réactualiser nos valeurs, voire les modifier si cela s’impose. Il implique aussi le retour à la vie qui jadis était dominée par l’entraide, l’amour fraternel et la générosité des habitants.

Somme toute parait-il aisé d’évoluer au rythme de la réalité actuelle, mais nous devons nous efforcer à retourner aux sources et mesurer la distance qui nous sépare de nous-même ; si celle-ci est grande, nous incarnons des échantillons de bâtard ; mais si elle est réduite nous pouvons rattraper dans la quête de notre authenticité.

A une période où les médias exercent une grande influence sur nos cultures et tentent de les supplanter, le Bangoulap ne doit pas se laisser entraîner comme un chien qui suit son quête de notre  authenticité.

A l’heure de la phagocytose a sonné et si une culture n’est pas réactualisée, une autre pourra l’effacer. Ainsi nous lançons un vibrant appel à tous les fils Bangoulap de songer à nos valeurs traditionnelles car c’est dans celles-ci que nous retrouvons les éléments de notre dignité, de notre tolérance d’antan.

Aussi, chers lecteurs, travaillons pour revaloriser notre culture et assurer un développement rapide à Bangoulap car ne dit-on pas souvent que le développement culturel est un tonus pour le développement économique et politique.

 

YANKAM PAUL NGASSA assisté d’EMMANUEL MBANKEU

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